| ALLERGIE AUX POLLENS
Le nombre des malades allergiques ne cesse d'augmenter.
Il a doublé en 10 ans dans les pays industrialisés
ce qui alerte particulièrement les allergologues.
En France, les maladies allergiques touchent actuellement
20 % de la population et sont sur le plan mondial classées
au quatrième rang par l'OMS ( récemment
elles ne tenaient " encore " que le sixième
rang). Le nombre de patients souffrant de rhinite a
été multiplié par 7 en 25 ans.
La rhinite atteint entre 25 et 30 % de la population
: 40 % de ces rhinites sont d'origine allergique. La
rhinite saisonnière provoquée par les
pollens concerne 65 % de ces patients porteurs de rhinite
allergique. Environ 5 millions de personnes sont atteints
de pollinose ou "rhume des foins" dans l'hexagone.
Qu'est-ce que l'allergie ?
L'allergie est une réaction de défense
excessive du corps vis à vis d'éléments
naturels de son environnement que l'on appelle "
allergènes ", comme par exemple les pollens.
Qu'un organisme puisse se défendre contre un
virus ou une bactérie paraît normal. Par
contre, se défendre contre un élément
naturel de l'environnement, comme les acariens ou les
pollens, est une réaction excessive. C'est cette
réaction excessive de défense qui induit
la maladie allergique. Le plus souvent, une programmation
génétique est à l'origine de ce
dysfonctionnement.
L'allergie aux pollens, dite pollinose, se manifeste
essentiellement par la rhinite saisonnière. Les
patients souffrent tous les ans, à la même
période, des même symptômes : nez
qui démange, éternuements à répétition,
nez qui coule, nez bouché. A cela s'ajoutent
souvent des signes qui touchent les yeux : larmoiements,
il rouge, démangeaisons, c'est la rhino
conjonctivite saisonnière.
De plus, et c'est peut-être là le problème
le plus sérieux, un patient sur deux atteint
de rhino conjonctivite saisonnière présente
des manifestations respiratoires asthmatiques (sensation
d'étouffement, respiration sifflante, toux incessante
).
L'intensité de la pollinisation varie d'une
année à l'autre en fonction de la météorologie
et de la région. Les espèces de pollens
varient également selon que l'on vit à
Lille ou à Aix en Provence.
La grande saison pollinique correspond à la pollinisation
des graminées (herbes vivaces de nos prairies,
pelouses, pâturage, stades, bords de route, etc
. ) que l'on retrouve partout et qui sévissent
de mi avril à mi juillet : c'est le classique
" rhume des foins ".
Mais d'autres pollens peuvent être en cause :
certains arbres de janvier à juin (bouleau, noisetier,
frêne, olivier, cyprès
) et les herbacées
(armoise, plantain, ambroisie) de juillet à fin
septembre.
C'est dire que pour les patients allergiques à
plusieurs types de pollens, la durée des symptômes
peut être longue, s'échelonnant de janvier
à octobre.
Tous les pollens ne provoquent pas d'allergie, il faut
entre autres qu'ils aient une taille et une forme particulières
aptes à déclencher le mécanisme
allergique, par exemple le pollen de pin provoque une
pluie de soufre caractéristique au mois d'avril
qui n'est pas allergisante mais simplement irritante
pour les voies respiratoires. Ces pollens doivent de
plus être transportés par le vent (pollens
dit anémophiles) contrairement à ceux
transportés par les insectes (pollens dits entomophiles)
qui sont très peu allergisants.
En dehors de ce schéma classique, on retrouve
des particularités géographiques comme
la pollinisation du frêne dans la moitié
nord de la France au mois d'avril et celle du cyprès
qui a envahi le Languedoc-Roussillon ces dernières
années dès janvier. Un autre pollen qui
pose un grave problème de santé publique
est l'Ambroisie qui prolifère dans la région
Rhône-Alpes en septembre, provoquant rhinite et
asthme d'emblée sévères.
Les facteurs météorologiques sont déterminants,
la pluie fine et les températures basses diminuent
les concentrations de pollens. Le vent, les températures
élevées et l'ensoleillement les augmentent.
Quant à la pollution , son rôle est très
controversé. Elle pourrait avoir un rôle
aggravant, par une action irritante sur les muqueuses
respiratoires.
Un réseau de surveillance (RNSA, réseau
national de surveillance aéro biologique) fait
chaque année un comptage pollinique hebdomadaire
sur 42 sites en France. Ces données sont accessibles
aux Médecins mais également au grand public
.
Les Allergologues de l'ANAICE proposent des bulletins
hebdomadaires en fonction des régions dans l'émission
la Météo des Pollens sur la Chaîne
Météo (câble et satellite). Sur
cette chaîne, outre des informations directes
sur les pollens, les patients peuvent obtenir des renseignements
sur d'autres allergies.
Comment savoir que l'on est allergique, comment connaître
précisément son allergie ?
Les patients présentant des signes évoquant
une allergie aux pollens peuvent en avoir la confirmation
par la pratique de tests cutanés et biologiques.
Les tests cutanés sont rapides, indolores, peu
coûteux, fiables et permettent en 15 à
20 minutes de connaître les allergènes
responsables. Ils sont réalisés par un
Allergologue et peuvent être effectués
dès le plus jeune âge .
Si un doute persiste, des tests biologiques sont à
la disposition des Allergologues pour avoir la confirmation
du diagnostic par une simple prise de sang.
La rhino conjonctivite pollinique est une maladie touchant
les muqueuses respiratoires, entraînant une inflammation
de ces muqueuses, et dont le risque évolutif
majeur est l'asthme. Il faut donc, pour mieux combattre
cette évolution, impérativement savoir
à quoi l'on est allergique, de façon à
pouvoir traiter la maladie. Plus le traitement est précoce,
plus les chances de guérison sont importantes.
Quels sont les traitements les plus performants?
Les traitements pour les rhino conjonctivites polliniques
reposent essentiellement sur les anti-histaminiques
par voie orale qui dans la plupart des cas suffisent
à soulager les patients. On peut y associer des
traitements locaux : spray nasal et collyres anti-allergiques.
Dans certaines rhinites rebelles, on peut avoir recours
à la cortisone en comprimés en cure courte.
Compte tenu de ce schéma thérapeutique
actuel, il ne faudrait plus utiliser de corticoïdes
à action retardée par voie injectable
qui n'ont plus d'utilité et peuvent entraîner
des effets secondaires non négligeables.
Si la rhinite se complique d'asthme, il faut avoir recours
au traitement dilatateur et anti-inflammatoires des
bronches.
Le traitement de fond de la maladie allergique repose
sur l'immunothérapie spécifique allergénique
appelée encore désensibilisation. Elle
vise à modifier le dérèglement
du système immunitaire à l'origine de
l'allergie. Elle est nécessaire et indiquée
en cas de symptômes persistants sévères
imposant la prise importante de médicaments ou
en cas de mauvaise réponse au traitement. Il
faut savoir que pour les pollens, la suppression de
l'allergène n'est pas réalisable. Elle
existe actuellement sous deux formes, injectable (voie
sous-cutanée) et sublinguale (voie buccale).
L' efficacité de la désensibilisation
est démontrée clairement dans la rhino
conjonctivite pollinique, elle permet de réduire
les symptômes et de prévenir l'aggravation
de la maladie et en particulier son évolution
vers l'asthme.
En conclusion, l'allergie aux pollens touche de plus
en plus de patients de tous âges. Son incidence
est importante sur la qualité de vie des patients
: fatigue, difficultés de concentration, gêne
dans la pratique du sport, troubles du sommeil, irritabilité,
arrêts de travail, performances scolaires abaissées.
Il ne faut pas oublier que la pleine saison pollinique
correspond à la période des examens !
Trop souvent banalisée, la rhinite allergique
pollinique est une maladie handicapante, pouvant s'aggraver
d'un asthme. Cette affection nécessite un diagnostic
précoce et un traitement spécifique, adapté
à chaque patient. Les traitements qui sont proposés
actuellement ont fait la preuve de leur efficacité,
de nombreuses études en témoignent.
Cette maladie potentiellement grave représente
donc un problème prioritaire de santé
publique.
ARTICLE ANAICE 2001
|