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VEINES ET HORMONES
VEINES ET
OESTROPROGESTATIFS DE SYNTHESE (OPS)
Prescrite depuis 1966, la pilule contraceptive ou OPS
comporte un risque veineux bien connu, depuis la majoration
des symptômes habituels de l'insuffisance veineuse
aux accidents thrombo-emboliques.
LES OPS
La composition des OPS a varié au cours du temps
avec pour but toujours une réduction des doses
d'hormones, et pour les progestatifs, un changement
de nature selon les différentes générations,
afin, tout en gardant une efficacité maximum,
de diminuer les effets secondaires et complications.
1. LES OPS de Première
Génération :
Ils sont dits macrodosés et se composent
- D'un Oestrogène de synthèse : l'ETHYNILOESTRADIOL
dosé de 40 à 100 µg/cp
- D'un Progestatif de la classe des "ESTRANES"
dosés de 300 à 1000 µg/cp
2. LES OPS de Deuxième
Génération :
Ils se composent
- De l'ETHYNILOESTRADIOL dosé à 50 ug/cp
en moyenne
- D'un Progestatif : soit le NORGESTREL, soit le LEVONORGESTREL
dosé de 125 à 500 µg/cp
3. LES OPS de Troisième
Génération :
Ils se composent
- De l'ETHYNILOESTRADIOL dosé de 15 à
40 ug/cp
- D'un Progestatif de la classe des "GONANES"
dosé de 60 à 250 ug/cp
En dessous de 50 ug d'Ethyniloestradiol, les pilules
sont dites minidosées.
Ces modifications ont pour but la réduction
du nombre des accidents cardio-vasculaires. Le risque
artériel est plutôt lié au contenu
progestatif et le risque veineux, qui nous intéresse
ici, est considéré comme lié à
l'Ethyniloestradiol.
OPS ET SYMPTOMES VEINEUX
Les OPS peuvent accentuer les symptômes liés
à l'insuffisance veineuse, à savoir :
- les lourdeurs de jambes
- les douleurs en fin de journée
- les paresthésies (sensations de brûlure
ou de fourmillements dans les mollets)
- les dèmes des chevilles.
Ces phénomènes ne contre-indiquent absolument
pas la contraception mais peuvent nécessiter
une prise en charge par un traitement veinotonique voire
une contention légère par chaussettes
ou par bas.
OPS et VARICES
La prise d'OPS peut être un mode de révélation
des varices mais aussi un facteur d'aggravation de varices
pré-existantes.
Une surveillance par un phlébologue est alors
souhaitable. Il pourra après examen clinique
et bilan écho-döppler envisager avec la
patiente le traitement le plus adapté à
son cas: traitement médical par sclérothérapie
ou traitement chirurgical.
OPS et MALADIE THROMBO-EMBOLIQUE
La pilule entraîne une majoration importante
du risque de thrombose veineuse (TV) qui est, selon
les différentes études, multiplié
par 3 à 6 soit environ 4 cas / 10 000 patientes-année.
Ce risque est lié principalement à l'Ethyniloestradiol,
ce qui explique l'évolution des OPS vers une
réduction du dosage; en effet un taux de 50 µg
d'Ethyniloestradiol réduit de façon significative
l'incidence des TV.
Néanmoins, quelque soit l'OPS utilisé,
il y a des règles à respecter et surtout
la recherche d'antécédents personnels
ou familiaux de thrombose et/ou de maladie de la coagulation.
1 - Antécédents
personnels de thrombose :
Le traitement par OPS est absolument contre-indiqué
et il faut envisager d'autres modes de contraception.
2 - Antécédents
personnels de thrombophilie :
La Thrombophilie est un état favorisant la survenue
de TV et/ou d'embolie pulmonaire en raison d'une anomalie
héréditaire de la coagulation et/ou de
la fibrinolyse (ensemble des réactions qui permet
l'élimination du caillot).
Les anomalies les plus connues sont :
- le déficit en Antithrombine III
- le déficit en Protéine C
- le déficit en Protéine S
- la Résistance à la protéine
C activée (liée à une mutation
génétique du Facteur V dit Leiden du
nom de son découvreur).
Cette dernière particulièrement, associée
à la prise d'un OPS multiplie par 35 à
50, selon les études, le risque de phlébite
.
L'existence de telles anomalies contre-indique donc
en principe la prise de pilule et il est là aussi
préférable de s'orienter vers une autre
contraception.
3 - Antécédents
familiaux de phlébite et/ou de Thrombophilie
:
Il est recommandé de ne faire les recherches
d'anomalies de la coagulation que pour les patientes
dont les parents au premier degré ont fait une
thrombose documentée et notamment, la recherche
de la résistance à la protéine
C activée dont nous avons vu l'importance.
Par contre si la patiente appartient à une famille
qui a une histoire de thrombophilie, le bilan a normalement
dû lui être proposé. Si ce n'était
pas le cas, il doit être fait avant la mise en
route du traitement oestro-progestatif.
VEINES ET TRAITEMENT HORMONAL SUBSTITUTIF
Le traitement hormonal substitutif de la ménopause
(THS) consiste en la prise d'hormones naturelles, strogènes
transcutanés ou pris par la bouche associés
ou non à un progestatif, (selon qu'il y a eu
ou non ablation de l'utérus) dans le but de prévenir
les complications liées à la carence hormonale
qui s'installe à cette période de la vie.
Il a donc un effet bénéfique sur l'ostéoporose
et la maladie coronarienne ; protecteur contre le cancer
du colon, il réduirait également la prise
de poids et le risque de dégénérescence
maculaire sénile (entraînant une baisse
de l'acuité visuelle). Par contre sa prescription
est limitée par le risque de cancer du sein et
de l'endomètre.
Qu'en est-il du risque d'accident veineux thrombo-embolique
?
Les différentes études semblent montrer
une augmentation significative du nombre d'accidents
thrombo-emboliques surtout lors de la première
année de traitement.
POURQUOI ?
La thrombose résulte de l'activation de l'hémostase
(ensemble des phénomènes susceptibles
d'entrainer la formation de caillots) au sein du système
vasculaire. La défaillance des systèmes
inhibiteurs, un excès de facteurs procoagulants
(activateurs), et une modification au sein du système
fibrinolytique (ensemble des réactions qui permettent
l'élimination du caillot ou fibrinolyse) peuvent
favoriser leur survenue.
Les modifications au cours de la ménopause ne
sont pas toutes connues de façon certaine, par
contre le THS a des effets différents suivant
son mode d'administration. Il est maintenant admis que
- si le THS comporte un strogène administré
par voie transcutanée, le fonctionnement des
systèmes de la coagulation et de la fibrinolyse
n'est pas significativement modifié.
- si le THS comporte un strogène par
voie orale, on note alors une augmentation de la concentration
dans le plasma sanguin des marqueurs d'activation
de la coagulation, entraînant une augmentation
du risque de thrombose veineuse.
(NB : Les effets mis en évidence ne semblent
pas dépendre de la prise d'un progestatif).
EN PRATIQUE
- Au cours du THS, le risque de thrombose veineuse
est multiplié par 2 à 4. Il est surtout
important lors de la première année puis
semble se stabiliser autour de 2 soit 3 à 4 cas/
10 000 femmes-année.
- Il est primordial de bien respecter les contre-indications
:
Et notamment tout antécédent connu de
thrombose veineuse et/ou de problème de coagulation
sanguine.
Ceci doit cependant être discuté chez les
femmes pour lesquelles le bénéfice espéré
est supérieur à ce risque connu mais dont
l'incidence reste faible.
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